Comment fabriquer un volet en bois ?

Fabriquer soi-même un volet en bois permet d’adapter précisément ses dimensions et son style à une ouverture, mais l’exercice ne s’improvise pas. Essence inadaptée, mesures imprécises ou assemblage fragile peuvent compromettre sa résistance aux intempéries et son bon fonctionnement. Quels matériaux, outils et gestes privilégier ? Cet article détaille chaque étape, de la prise de cotes aux finitions protectrices, pour réussir un ouvrage durable.

Quel bois choisir pour fabriquer un volet ?

Le choix de l’essence est déterminant pour obtenir un volet capable de résister durablement à la pluie, au soleil, au vent et aux variations de température. Un bois trop sensible à l’humidité risque de gonfler, de se déformer ou de se fissurer, tandis qu’un matériau mal séché peut travailler après l’assemblage.

Pour un volet extérieur, il est préférable de choisir un bois suffisamment stable et adapté à une exposition extérieure. Plusieurs essences peuvent convenir.

Le sapin et l’épicéa sont relativement faciles à travailler et accessibles, mais ils nécessitent une protection extérieure soigneuse et un entretien régulier. Le douglas présente une meilleure durabilité naturelle et constitue une solution courante pour les ouvrages extérieurs. Le mélèze est également apprécié pour sa résistance, tout en demandant une attention particulière à son comportement dimensionnel.

Des essences comme le chêne peuvent offrir une excellente longévité, mais elles sont plus lourdes, plus coûteuses et parfois plus exigeantes à usiner.

Le choix dépend donc du budget, du poids acceptable pour les ferrures et de la finition souhaitée.

Privilégier un bois suffisamment sec

Quelle que soit l’essence choisie, évitez d’utiliser des planches fraîchement sciées ou présentant une humidité importante. Le séchage ultérieur pourrait entraîner retraits, gauchissement et ouverture des assemblages.

Les planches doivent également être examinées avant l’achat. Écartez autant que possible celles qui présentent :

  • un voile prononcé ;
  • une torsion importante ;
  • de grosses fentes ;
  • des nœuds fragiles placés dans une zone d’assemblage ;
  • des traces importantes de dégradation.

Pour la fabrication de volets à lames verticales, des planches à rainure et languette sont particulièrement pratiques. Leur emboîtement limite les jours tout en permettant de constituer rapidement le panneau.

Il ne faut cependant pas bloquer complètement les mouvements naturels du bois. Un volet extérieur doit pouvoir supporter de légères variations dimensionnelles sans se déformer.

Quels outils prévoir pour construire un volet ?

La fabrication d’un volet en bois ne nécessite pas nécessairement un atelier professionnel, mais la précision des coupes et des assemblages reste essentielle.

Pour une réalisation classique, prévoyez notamment :

  • un mètre ruban ;
  • une règle et une équerre ;
  • un crayon de menuisier ;
  • une scie circulaire ou une scie à onglet ;
  • une scie sauteuse pour certaines découpes ;
  • une perceuse-visseuse ;
  • des forets adaptés au bois ;
  • des serre-joints ;
  • un marteau ou un maillet ;
  • une ponceuse ;
  • du papier abrasif ;
  • éventuellement une défonceuse selon le type d’assemblage.

Pour des volets constitués de lames assemblées par rainures et languettes, l’achat de lames déjà usinées simplifie considérablement le projet.

Si les lames doivent être réalisées à partir de planches brutes, il faut généralement disposer de machines supplémentaires telles qu’une raboteuse, une dégauchisseuse ou une défonceuse équipée de fraises adaptées.

Ne pas négliger les équipements de protection

Les outils de coupe et de ponçage nécessitent des précautions spécifiques.

Des lunettes de protection sont recommandées lors des découpes et perçages. Une protection auditive devient également utile avec les machines bruyantes, tandis qu’une protection respiratoire adaptée limite l’inhalation des poussières de bois pendant le ponçage.

Les pièces doivent être immobilisées correctement. Utiliser une main pour tenir une planche pendant que l’autre manipule une scie électroportative augmente fortement le risque d’accident et réduit la précision du travail.

Comment prendre les mesures de la fenêtre ?

Un volet fabriqué avec quelques millimètres ou centimètres d’erreur peut frotter contre la maçonnerie ou, à l’inverse, laisser un jour trop important une fois fermé.

La prise de cotes doit donc être réalisée directement sur l’ouverture concernée.

Mesurez la largeur à plusieurs endroits : en haut, au milieu et en bas. Faites de même pour la hauteur sur les différents côtés. Les tableaux de fenêtres, en particulier sur les bâtiments anciens, ne sont pas toujours parfaitement d’équerre.

Retenez les dimensions réellement compatibles avec l’espace disponible plutôt que de supposer que l’ouverture forme un rectangle parfait.

Tenir compte du jeu de fonctionnement

Un volet ne doit pas correspondre exactement aux dimensions maximales disponibles. Un petit jeu périphérique est nécessaire pour permettre son ouverture et sa fermeture malgré les variations du bois.

La valeur de ce jeu dépend de la configuration, des ferrures et du type de pose. Il est donc préférable d’observer également un volet existant en bon état ou de positionner provisoirement le panneau avant les finitions pour vérifier son fonctionnement.

Pour une fenêtre équipée de deux vantaux, il faut aussi anticiper le jeu entre les deux volets lorsqu’ils se rejoignent au centre.

Repérer les gonds existants

Si les gonds sont déjà installés dans la maçonnerie et doivent être conservés, leur position doit être relevée très précisément.

Mesurez leur hauteur par rapport à un point de référence fixe ainsi que leur décalage par rapport au tableau. Ces mesures détermineront la position des pentures sur le nouveau volet.

Une erreur à ce stade peut obliger à déplacer les ferrures ou empêcher le vantail de se présenter correctement devant les gonds.

Comment assembler un volet en bois ?

Le volet battant traditionnel le plus simple est constitué de lames verticales maintenues à l’arrière par des barres horizontales et, selon la conception retenue, une écharpe diagonale. On parle alors fréquemment de volet à barres et écharpe.

Avant l’assemblage définitif, disposez toutes les lames à plat sur une surface plane.

Emboîtez-les sans forcer excessivement afin d’obtenir un panneau légèrement plus grand que la dimension finale. Contrôlez ensuite les diagonales pour vérifier que l’ensemble est bien d’équerre.

Positionner les barres

Deux barres horizontales sont généralement placées à l’arrière du volet, l’une vers le haut et l’autre vers le bas. Elles maintiennent les différentes lames ensemble.

Selon la hauteur du volet, une barre supplémentaire peut être ajoutée.

Leur position doit tenir compte des futures pentures afin que les différents éléments ne se gênent pas.

Les assemblages peuvent être réalisés avec des vis adaptées à l’extérieur. Les avant-trous sont recommandés à proximité des extrémités pour limiter le risque de fendage.

Ajouter une écharpe diagonale

Sur un volet à barres et écharpe, la pièce diagonale participe à la rigidité du panneau et limite son affaissement.

Son orientation est importante. Elle doit transmettre le poids du côté extérieur du volet vers la partie basse située du côté des gonds.

Autrement dit, lorsque le volet est regardé depuis sa face intérieure, l’écharpe monte généralement depuis la zone basse proche des gonds vers la partie haute opposée.

Elle doit être ajustée correctement entre les barres plutôt que simplement posée approximativement sur celles-ci.

Une fois l’ensemble assemblé, vérifiez à nouveau les dimensions et l’équerrage avant de procéder aux coupes ou au ponçage définitifs.

Comment fabriquer les lames et les panneaux ?

La méthode la plus accessible consiste à employer des lames déjà profilées avec une rainure d’un côté et une languette de l’autre.

Disposez-les côte à côte, puis emboîtez-les progressivement. Il est conseillé d’alterner ou de sélectionner soigneusement les planches pour limiter les effets des déformations naturelles du bois.

Après assemblage provisoire, tracez les dimensions définitives du volet puis effectuez les coupes nécessaires avec un guide afin d’obtenir des chants réguliers.

Fabriquer ses propres lames

Si vous partez de bois brut, les planches doivent d’abord être mises à épaisseur et à largeur constantes.

Une rainure peut ensuite être usinée sur un chant et une languette correspondante sur l’autre. Cette étape exige davantage de précision : les profils doivent s’emboîter suffisamment pour fermer le panneau sans nécessiter une force excessive.

Un assemblage trop serré peut devenir problématique lorsque le bois gonfle sous l’effet de l’humidité.

Réaliser un volet à cadre et panneau

Une autre possibilité consiste à fabriquer un véritable cadre comprenant montants et traverses, dans lequel viennent prendre place des panneaux ou des lames.

Cette conception offre davantage de possibilités esthétiques, mais demande des assemblages de menuiserie plus élaborés.

Tenons et mortaises, assemblages profilés ou autres techniques peuvent être employés en fonction du niveau de finition recherché.

Pour une première fabrication, le volet à lames avec barres et écharpe reste généralement plus accessible.

Comment installer les ferrures et les gonds ?

Les ferrures assurent la liaison entre le volet et la maçonnerie. Elles doivent supporter le poids du vantail, les ouvertures répétées et les efforts exercés par le vent.

Les pentures doivent donc être correctement dimensionnées et compatibles avec les gonds existants ou nouveaux.

Positionner les pentures

Posez le volet à plat et présentez les pentures à leur emplacement.

Si les gonds sont déjà scellés dans le mur, leur position détermine celle des pentures. Prenez les mesures avec précision avant de percer.

Effectuez des avant-trous adaptés au diamètre des fixations. Cette précaution facilite le vissage et réduit les risques de fissuration du bois.

Les fixations doivent être prévues pour une utilisation extérieure et suffisamment résistantes à la corrosion.

Présenter le volet avant la finition définitive

Lorsque cela est possible, réalisez un montage à blanc avant d’appliquer toutes les couches de finition.

Placez le volet sur ses gonds et vérifiez :

  • qu’il s’ouvre complètement ;
  • qu’il se ferme sans frotter ;
  • que les jeux périphériques sont réguliers ;
  • qu’il ne touche pas l’appui de fenêtre ;
  • que les deux vantaux se rejoignent correctement.

Il est beaucoup plus facile de corriger quelques millimètres à ce stade qu’après la peinture.

Installer les accessoires de fermeture

Une fois les pentures positionnées, il reste à prévoir selon le modèle les espagnolettes, verrous, arrêts de volet ou autres systèmes de fermeture.

Leur emplacement doit permettre une manipulation simple tout en assurant un maintien efficace du volet lorsqu’il est fermé ou ouvert.

Les volets étant particulièrement exposés au vent, la qualité des ferrures et de leurs ancrages ne doit pas être sous-estimée.

Comment protéger et entretenir un volet bois ?

Même une essence relativement durable bénéficie d’une protection adaptée lorsqu’elle est constamment exposée aux intempéries.

Avant d’appliquer la finition, poncez progressivement les surfaces et arrondissez légèrement les arêtes trop vives. Dépoussiérez soigneusement le bois.

Il est particulièrement important de protéger les chants et les extrémités des lames, car le bois peut y absorber davantage d’humidité.

Peinture ou lasure ?

La peinture extérieure forme une finition opaque qui permet de choisir librement la couleur du volet. Une sous-couche peut être nécessaire en fonction de l’essence et du système de peinture retenu.

La lasure laisse davantage apparaître l’aspect du bois. Selon le produit, elle doit être renouvelée périodiquement pour conserver sa fonction protectrice.

Dans les deux cas, choisissez un produit clairement destiné aux boiseries extérieures et respectez les recommandations concernant la préparation, le nombre de couches et les temps de séchage.

Traitez toutes les faces du volet, y compris les chants et les zones qui deviennent difficiles d’accès après la pose des ferrures.

Surveiller régulièrement l’état du volet

L’entretien ne doit pas attendre que la finition soit complètement détériorée.

Une inspection périodique permet de repérer rapidement :

  • une peinture qui s’écaille ;
  • une lasure devenue très terne ;
  • une fissure dans le bois ;
  • une vis desserrée ;
  • des traces de rouille sur les ferrures ;
  • un volet qui commence à frotter ;
  • une infiltration d’eau dans une zone d’assemblage.

Une petite reprise effectuée rapidement évite souvent une rénovation complète quelques années plus tard.

Les ferrures peuvent également nécessiter un nettoyage, un traitement anticorrosion ou une lubrification selon leur conception.

La fabrication d’un volet en bois repose finalement sur trois points essentiels : des mesures précises, une structure suffisamment rigide et une protection efficace contre l’humidité. En préparant soigneusement les lames, les assemblages et la position des ferrures avant la finition, il est possible de fabriquer un volet sur mesure qui fonctionne correctement et résiste durablement aux conditions extérieures.

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