Lors de la pose d’une cloison en Placo, le choix d’une ossature simple ou renforcée suscite souvent des hésitations. Doubler les montants peut améliorer la rigidité et répondre à certaines contraintes, mais cette solution n’est pas systématiquement nécessaire et augmente le coût des travaux. Dans quels cas faut-il vraiment le faire ? Cet article détaille les critères à examiner, les erreurs à éviter et les bonnes pratiques de montage.
Quand faut-il doubler les montants d’une cloison en Placo ?
Doubler les montants d’une cloison en plaques de plâtre n’est pas une obligation systématique. Pour une cloison intérieure classique de hauteur courante, une ossature simple correctement dimensionnée peut parfaitement convenir. Le doublage devient surtout pertinent lorsque la cloison doit être plus haute, plus rigide, plus résistante ou soumise à des contraintes particulières.
La hauteur de la cloison constitue l’un des premiers critères. Plus une paroi est élevée, plus les montants sont susceptibles de fléchir. Selon le type de profilé, son entraxe et la composition du parement, il peut alors être nécessaire d’utiliser des montants de section supérieure, de réduire leur espacement ou de les doubler.
Le renforcement peut aussi être utile autour de certaines ouvertures, notamment les portes, car ces zones subissent davantage de sollicitations. Les montants qui encadrent une huisserie doivent être adaptés au poids de la porte et au système de cloison retenu.
Le doublage peut également être envisagé lorsque la paroi doit supporter des équipements relativement lourds ou lorsqu’une forte rigidité est recherchée. Il ne dispense toutefois pas de prévoir des renforts spécifiques aux endroits où seront fixés les meubles, sanitaires ou autres charges.
Enfin, les prescriptions dépendent du système utilisé. Le type de montant, la largeur de l’ossature, le nombre de plaques et la hauteur de la cloison doivent être considérés ensemble. Ajouter un deuxième montant n’est donc pas toujours la solution la plus efficace.
Quel espacement choisir entre les montants métalliques ?
L’espacement des montants dépend principalement de la largeur des plaques de plâtre et du système de cloison choisi. Dans les configurations courantes, les montants sont souvent disposés avec un entraxe de 60 cm, ce qui permet aux bords des plaques de venir s’appuyer correctement sur l’ossature.
Un entraxe plus réduit, par exemple 40 cm dans certains systèmes, peut être utilisé lorsque l’on souhaite renforcer la rigidité ou lorsqu’une configuration particulière l’impose.
Il faut distinguer l’entraxe de l’espace réellement visible entre deux profilés. L’entraxe correspond à la distance mesurée entre les axes de deux montants successifs.
La régularité de cet espacement est importante pour plusieurs raisons :
- elle assure un bon maintien des plaques ;
- elle permet de positionner les vissages correctement ;
- elle limite les risques de déformation du parement ;
- elle facilite la pose de l’isolant entre les montants ;
- elle contribue à la rigidité générale de la cloison.
Réduire l’entraxe peut améliorer la tenue mécanique, mais cela augmente le nombre de profilés et le temps de pose. Il est donc préférable de respecter la configuration prévue par le fabricant plutôt que de densifier systématiquement l’ossature.
Le positionnement des montants doit aussi tenir compte des ouvertures, des angles, des jonctions avec d’autres cloisons et des éventuelles charges à fixer.
Quels avantages apporte le doublage des montants ?
Le principal intérêt du doublage est d’augmenter la rigidité de l’ossature. Deux montants associés résistent généralement mieux à la flexion qu’un seul profilé de même section.
Cette solution peut donc permettre de réaliser des cloisons plus hautes ou plus sollicitées tout en limitant les vibrations et les déformations.
Une ossature renforcée présente aussi un intérêt à proximité d’une porte. Les ouvertures créent naturellement une rupture dans la continuité de la cloison et concentrent certaines contraintes. Des montants adaptés permettent de mieux stabiliser l’huisserie et le parement environnant.
Le doublage peut également faciliter certaines configurations particulières, comme une cloison recevant plusieurs couches de plaques ou soumise à des sollicitations mécaniques plus importantes qu’une séparation classique entre deux pièces.
Il faut néanmoins garder à l’esprit qu’un montant doublé :
- consomme davantage de métal ;
- augmente légèrement le poids de l’ouvrage ;
- demande plus de temps de montage ;
- peut compliquer le passage de certains réseaux ;
- entraîne un surcoût.
Le doublage doit donc répondre à une fonction précise et non devenir un réflexe systématique. Lorsque le besoin principal est d’augmenter la résistance, un montant plus large ou un entraxe réduit peut parfois constituer une meilleure solution.
Doubler les montants améliore-t-il l’isolation phonique ?
Doubler les montants ne garantit pas à lui seul une amélioration importante de l’isolation acoustique. Le comportement phonique d’une cloison dépend de plusieurs éléments : masse des parements, nombre de plaques, isolant placé dans la cavité, étanchéité périphérique et surtout conception de l’ossature.
Une cloison à simple ossature avec montants doublés reste mécaniquement reliée entre ses deux parements. Les vibrations peuvent donc se transmettre à travers les profilés.
Pour obtenir une isolation acoustique supérieure, il peut être plus efficace de travailler sur la désolidarisation des deux faces de la cloison. Certaines cloisons acoustiques utilisent ainsi une double ossature ou des montants disposés de façon alternée afin de limiter les ponts mécaniques entre les parements.
L’ajout d’une deuxième plaque sur chaque face apporte également de la masse et peut contribuer à augmenter l’affaiblissement acoustique. Une laine minérale ou un isolant adapté placé dans la cavité complète généralement le système.
Les performances dépendent aussi fortement de la mise en œuvre. Une très bonne cloison acoustique perd une partie de son efficacité si elle comporte des passages d’air, des prises électriques disposées dos à dos ou des raccords périphériques mal traités.
Ainsi, si l’objectif principal est le confort acoustique, il vaut mieux choisir une composition de cloison spécifiquement conçue pour cette fonction plutôt que simplement doubler les montants.
Quelle résistance attendre d’une cloison renforcée ?
Une cloison à montants doublés présente généralement une rigidité supérieure à celle d’une ossature identique avec montants simples. Elle peut mieux résister aux déformations et aux sollicitations courantes.
Cela ne signifie toutefois pas qu’elle devient porteuse. Une cloison en plaques de plâtre sur ossature métallique reste, sauf conception particulière, un ouvrage de distribution qui n’est pas destiné à reprendre les charges structurelles du bâtiment.
La résistance finale dépend notamment :
- de la largeur des montants ;
- de leur épaisseur ;
- de leur entraxe ;
- de la hauteur de la paroi ;
- du nombre de plaques ;
- de la manière dont les montants sont associés ;
- des fixations dans les rails ;
- des renforts intégrés.
Pour les charges suspendues, la résistance des montants n’est qu’un élément du problème. Une télévision, un meuble haut, un lavabo ou un chauffe-eau impose des efforts localisés que la simple plaque de plâtre ne peut pas toujours reprendre.
Des renforts peuvent alors être prévus à l’intérieur de la cloison, par exemple à l’aide d’éléments spécifiquement conçus pour recevoir les fixations. Leur position doit idéalement être déterminée avant la fermeture de la deuxième face.
Une cloison renforcée est donc plus rigide, mais elle ne doit pas être considérée comme capable de supporter n’importe quelle charge sans préparation particulière.
Quelles alternatives au doublage des montants ?
Plusieurs solutions permettent d’améliorer la résistance ou les performances d’une cloison sans doubler tous les montants.
La première consiste à utiliser des profilés plus larges ou présentant des caractéristiques mécaniques supérieures. Cette solution peut permettre d’augmenter la hauteur admissible tout en conservant une ossature simple.
Réduire l’entraxe constitue une autre possibilité. En rapprochant les montants, les plaques bénéficient d’un plus grand nombre de points d’appui et la cloison gagne en rigidité.
Il est aussi possible d’adapter le parement. Une double peau, avec deux plaques de plâtre superposées sur une ou deux faces, peut améliorer la résistance aux chocs, la rigidité et certaines performances acoustiques.
Lorsque seules quelques charges lourdes sont prévues, il est souvent inutile de renforcer toute la cloison. Des renforts localisés placés derrière les futurs points de fixation peuvent être beaucoup plus efficaces et économiques.
Pour l’acoustique, une ossature double ou désolidarisée peut être préférable à des montants simplement jumelés. Pour une cloison très haute, le recours à un système spécifiquement conçu pour les grandes hauteurs peut également être plus pertinent.
Le choix doit donc partir du besoin réel : hauteur, rigidité, acoustique, résistance aux chocs ou fixation de charges.
Quel coût prévoir pour une cloison à montants doublés ?
Le doublage des montants augmente logiquement le coût de l’ossature puisqu’il nécessite davantage de profilés métalliques. La hausse du budget dépend cependant de la part que représentent les montants dans l’ensemble de la cloison.
Une cloison complète comprend en effet plusieurs postes :
- rails et montants ;
- plaques de plâtre ;
- isolant éventuel ;
- visserie ;
- bandes et enduits ;
- renforts ;
- huisseries ;
- main-d’œuvre.
Le surcoût lié aux montants eux-mêmes peut rester relativement limité sur une petite cloison. En revanche, sur plusieurs dizaines de mètres linéaires ou sur de grandes hauteurs, la quantité supplémentaire de métal et le temps de montage deviennent plus significatifs.
La main-d’œuvre peut également augmenter puisque les montants doivent être assemblés et positionnés conformément au système retenu.
Il n’est donc pas toujours économiquement intéressant de doubler toute l’ossature par précaution. Renforcer uniquement les zones qui en ont réellement besoin ou utiliser un profilé mieux adapté peut réduire le coût tout en conservant les performances recherchées.
Pour comparer correctement deux solutions, il faut enfin tenir compte du résultat attendu. Une ossature plus coûteuse mais permettant d’atteindre la hauteur, la rigidité ou la performance souhaitée peut être plus pertinente qu’un montage moins cher qui nécessite ensuite des corrections ou des renforts supplémentaires.









