Quels sont les inconvénients du hourdis polystyrène ?

Apprécié pour sa légèreté et ses performances isolantes, le hourdis en polystyrène séduit dans de nombreux projets de plancher. Pourtant, sa sensibilité au feu, son comportement acoustique ou encore les contraintes de pose peuvent réserver des surprises. Quels défauts faut-il réellement anticiper avant de le choisir ? Cet article distingue les idées reçues des limites concrètes afin de vous aider à décider sereinement.

Quels sont les principaux inconvénients du hourdis polystyrène ?

Le hourdis en polystyrène est couramment utilisé dans les planchers à poutrelles pour sa légèreté et ses propriétés isolantes. Facile à manipuler sur le chantier, il permet notamment de réduire le poids propre du plancher et peut contribuer à améliorer l’isolation thermique lorsque le plancher sépare un espace chauffé d’un local non chauffé ou d’un vide sanitaire.

Ces avantages s’accompagnent cependant de plusieurs limites. Les principaux inconvénients du hourdis polystyrène concernent sa faible résistance aux chocs, son comportement en cas d’incendie, ses performances acoustiques limitées et certaines contraintes de fixation en sous-face. Sa pose demande également des précautions afin de ne pas détériorer les entrevous avant la réalisation complète du plancher.

Il faut toutefois éviter de juger les performances d’un plancher uniquement à partir du matériau des hourdis. Les entrevous font partie d’un système comprenant notamment des poutrelles, des armatures et généralement une dalle de compression. La résistance mécanique, la tenue au feu ou l’isolation acoustique dépendent donc de l’ensemble du plancher et de ses finitions.

Une résistance mécanique parfois limitée

La faible résistance mécanique du polystyrène est l’une de ses limites les plus visibles pendant le chantier. Contrairement à un entrevous en béton ou en terre cuite, un hourdis en polystyrène peut facilement être marqué, perforé ou cassé par un choc.

Cette fragilité ne signifie pas nécessairement que le plancher terminé sera peu résistant. Dans un plancher à poutrelles et entrevous, les éléments porteurs et la dalle de compression assurent l’essentiel de la fonction structurelle selon le système utilisé. Les hourdis en polystyrène servent principalement de coffrage perdu et peuvent également remplir une fonction thermique.

Le problème se pose davantage pendant la manutention et la construction. Une mauvaise manipulation peut détériorer les entrevous avant le coulage. Il faut également respecter les prescriptions concernant la circulation sur le plancher en cours de réalisation et utiliser les dispositifs prévus lorsque cela est nécessaire.

Les hourdis peuvent notamment subir :

  • des perforations dues à des objets pointus ;
  • des cassures lors de la manutention ;
  • des détériorations pendant le passage des réseaux ;
  • des écrasements ou déformations liés à une sollicitation inadaptée ;
  • des dommages lors de certaines opérations réalisées sous le plancher.
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Une fois le bâtiment terminé, la fragilité de la sous-face reste à prendre en compte lorsque le polystyrène demeure accessible. Il faut éviter les chocs directs et choisir des solutions de fixation adaptées lorsque des équipements doivent être suspendus.

Une charge lourde ne doit jamais être fixée uniquement dans le polystyrène. Elle doit être reprise par un élément porteur capable de supporter l’effort concerné.

Les risques liés au feu et aux fumées

Le comportement au feu constitue une autre question importante. Le polystyrène est un matériau organique combustible. Sous l’effet d’une température élevée, il peut fondre, se dégrader et participer à un incendie lorsque les conditions sont réunies.

La présence de polystyrène dans un plancher ne signifie cependant pas automatiquement que celui-ci présente une mauvaise résistance au feu. Cette performance est évaluée sur le système constructif complet, qui peut comprendre la dalle, les poutrelles et une protection en sous-face.

Selon la destination du bâtiment et la configuration du plancher, un écran protecteur peut donc être nécessaire. Un plafond ou un autre parement correctement conçu peut notamment contribuer à protéger les entrevous de l’exposition directe aux flammes pendant une certaine durée.

La fumée représente également une préoccupation. Comme de nombreux matériaux synthétiques, le polystyrène peut dégager des fumées et des produits de combustion dangereux lorsqu’il brûle. Il ne doit donc pas être considéré comme un matériau destiné à rester exposé à une source importante de chaleur ou à une flamme.

Une attention particulière doit être portée aux modifications effectuées après la construction. Percer ou retirer un parement assurant une fonction de protection peut modifier les performances prévues initialement.

De la même manière, le passage de certains équipements techniques doit respecter les prescriptions applicables. La tenue au feu ne dépend pas seulement du hourdis, mais aussi de la continuité et de la qualité des protections qui l’entourent.

Le choix d’un système disposant des justificatifs techniques adaptés au projet reste donc essentiel, notamment pour les bâtiments soumis à des exigences particulières en matière de sécurité incendie.

Une isolation phonique moins performante

Le polystyrène est souvent associé à l’isolation, mais il faut distinguer isolation thermique et isolation acoustique. Un matériau performant pour limiter les transferts de chaleur n’offre pas nécessairement les mêmes résultats contre le bruit.

Le principal handicap du polystyrène classique sur le plan acoustique est sa très faible masse. Or, la masse joue un rôle important dans l’atténuation de nombreux bruits aériens.

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Dans un plancher séparant deux niveaux habitables, le confort acoustique dépend donc surtout de la composition globale. La dalle, la chape, les revêtements de sol, un éventuel plafond suspendu et les matériaux résilients participent ensemble au résultat.

Deux types de bruits doivent notamment être pris en compte.

Les bruits aériens correspondent par exemple aux voix, à la musique ou à la télévision. Leur transmission peut être réduite en travaillant sur la masse et la désolidarisation des différentes couches du plancher.

Les bruits d’impact sont produits par les pas, les déplacements de meubles ou la chute d’objets. Ils demandent généralement des solutions spécifiques, comme une chape flottante ou une sous-couche acoustique adaptée.

Le hourdis en polystyrène ne doit donc pas être choisi dans l’idée qu’il assurera à lui seul une isolation phonique importante. Un traitement acoustique complémentaire peut être nécessaire, particulièrement entre deux logements ou entre des pièces où le confort sonore constitue une priorité.

Cette contrainte peut augmenter l’épaisseur du complexe de plancher ainsi que son coût final.

Les contraintes de pose et de fixation

La légèreté du polystyrène facilite fortement la manipulation des entrevous. Un opérateur peut généralement déplacer les éléments sans équipement de levage lourd. Cette facilité ne dispense toutefois pas de respecter une méthode de pose précise.

Les éléments doivent être installés conformément aux prescriptions du système de plancher retenu. Les poutrelles, entrevous, armatures, renforts et éventuels étais forment un ensemble dont la disposition ne peut pas être modifiée librement.

La fragilité du matériau impose aussi une vigilance pendant le chantier. Des découpes excessives ou réalisées aux mauvais endroits peuvent affecter la mise en œuvre. Les passages de canalisations et de gaines doivent être anticipés afin de ne pas détériorer inutilement les éléments.

La fixation d’équipements en sous-face constitue une autre contrainte fréquente. Après la construction, il peut être nécessaire d’installer :

  • un plafond suspendu ;
  • des luminaires ;
  • des gaines ;
  • des conduites ;
  • des rails ;
  • divers équipements techniques.

Le polystyrène lui-même n’est pas destiné à reprendre des charges importantes. Les fixations doivent donc être réalisées dans les éléments capables de supporter mécaniquement la charge, conformément au système employé.

Cette particularité exige de repérer correctement les poutrelles ou autres supports avant de percer. Des fixations inadaptées risquent de s’arracher ou de détériorer les entrevous.

La finition de la sous-face peut également demander un travail supplémentaire lorsque l’aspect brut du polystyrène n’est pas souhaité ou lorsque le projet exige une protection particulière contre le feu.

Quel coût prévoir pour un hourdis polystyrène ?

Le coût d’un hourdis polystyrène varie fortement selon ses dimensions, son épaisseur, ses performances thermiques, sa conception et le fabricant. Il est donc peu pertinent de comparer uniquement le prix unitaire d’un entrevous.

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Pour évaluer correctement le budget, il faut prendre en compte le plancher complet :

  • poutrelles ;
  • entrevous ;
  • armatures et renforts ;
  • béton de la dalle de compression lorsque le système en prévoit une ;
  • étaiement éventuel ;
  • transport ;
  • main-d’œuvre ;
  • plafond ou finition en sous-face ;
  • traitement acoustique éventuel.

Le polystyrène peut permettre certaines économies grâce à sa légèreté. Le transport et la manutention sont généralement plus simples qu’avec des éléments lourds en béton. La pose peut également être rapide lorsque les intervenants maîtrisent le système.

Son intérêt thermique peut aussi réduire la quantité d’isolation complémentaire nécessaire dans certaines configurations, notamment pour les planchers bas. Il faut toutefois comparer les niveaux de performance réellement obtenus plutôt que la simple présence d’un matériau isolant.

À l’inverse, des besoins supplémentaires en protection incendie, en finition ou en isolation acoustique peuvent augmenter le coût final.

Le prix dépend donc fortement du projet. Pour comparer plusieurs solutions, il est plus pertinent d’étudier leur coût au mètre carré une fois toutes les couches nécessaires intégrées, à performances équivalentes.

Quelles alternatives au hourdis en polystyrène ?

Plusieurs matériaux peuvent remplacer le polystyrène dans un plancher à poutrelles. Le choix dépend essentiellement des performances recherchées, des contraintes structurelles et du budget.

Les hourdis en béton constituent une solution traditionnelle. Ils offrent une bonne robustesse pendant la manipulation et leur masse peut être favorable à certaines performances acoustiques. Ils sont en revanche nettement plus lourds, ce qui rend leur transport et leur pose plus contraignants.

Les hourdis en terre cuite sont également utilisés dans de nombreux projets. Ils présentent une bonne durabilité et ne possèdent pas les mêmes caractéristiques de combustibilité que le polystyrène. Leur poids et leur fragilité aux chocs pendant la manutention doivent toutefois être pris en compte.

Les entrevous en bois ou dérivés du bois représentent une autre possibilité dans certains systèmes constructifs. Leur faible poids facilite la mise en œuvre, mais ils présentent leurs propres contraintes en matière d’humidité, d’acoustique et de comportement au feu.

D’autres solutions de plancher peuvent être envisagées sans recourir à des entrevous de même nature : dalle pleine en béton, prédalles, planchers préfabriqués ou différents systèmes bois. Leur pertinence dépend notamment des portées recherchées, des charges à supporter et de l’organisation du bâtiment.

Il n’existe donc pas d’alternative systématiquement supérieure au hourdis en polystyrène. Chaque solution déplace les avantages et les contraintes. Le béton apporte davantage de masse mais augmente le poids du plancher, tandis que le polystyrène privilégie la légèreté et les performances thermiques au prix de contraintes spécifiques concernant l’acoustique, les fixations et la protection contre l’incendie.

Le choix doit finalement porter sur le système de plancher dans son ensemble. Comparer la portée, le poids, l’isolation thermique, le confort acoustique, la résistance au feu, les finitions nécessaires et le coût total permet de sélectionner une solution adaptée au bâtiment plutôt que de se fier à un seul avantage du matériau.

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